Interview de Nicole Reich
Publié le 01/07/2026
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Franco-mexicaine et de parents autrichien et argentin, Nicole Reich a suivi sa scolarité au lycée français de Mexico. Elle nous raconte son expérience de vie dans un contexte multiculturel qui a marqué durablement son parcours scolaire et personnel.
Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?
Le lycée français m’a beaucoup apporté. On avait des élèves qui venaient de partout : d’Europe, d’Afrique, du monde entier et de toutes les religions. Cette diversité culturelle, on ne la trouvait nulle part ailleurs dans le pays, et elle permettait l’ouverture l’esprit. Le lycée m’a aussi appris à travailler en équipe. On avait beaucoup de travaux en groupe.
Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis à l'université ou en entreprise, ce serait lequel ?
Contrairement aux écoles mexicaines, on n’apprenait pas par cœur : il fallait raisonner, comprendre, faire des dissertations, résoudre des problèmes. On nous enseignait à construire notre pensée. Dans les années 80, l’exigence académique était particulièrement élevée. Il n’était pas rare que l’on nous dise que nos travaux pouvaient être améliorés, ce qui n’était pas toujours facile à entendre, mais nous poussait à progresser.
On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenu dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?
Le système d’éducation français était très pratique, car il permettait de changer de pays en poursuivant facilement sa scolarité. Mes parents ont choisi le système français, à la fois pour sa praticité, mais aussi parce qu’ils avaient apprécié leur séjour en France et souhaitaient que leurs enfants apprennent une seconde langue. Petite, je me suis promise de ne jamais trimballer mes enfants de pays en pays. Finalement, c’est exactement ce que j’ai fait. On a vécu dans différents pays, et quand est venu le moment de les scolariser, j’ai choisi le lycée français, pour les mêmes raisons que mes propres parents.
Le système d’éducation français permettait de changer de pays en poursuivant facilement sa scolarité.
Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fière d'avoir étudié ici » ?
On avait une classe de terminale très particulière, qui réunissait les meilleurs élèves du lycée, mais elle était divisée en deux groupes très distincts : d’un côté, les Français très studieux qui voulaient intégrer une grande école ; de l’autre, les fêtards. Ce qui était drôle, c’est que j’étais la seule à avoir une bonne relation avec tout le monde. J’étais déléguée de classe, la seule pour qui les deux camps pouvaient voter. J’en garde un très bon souvenir. Il y avait beaucoup de fêtes ! Et c’est au lycée que j’ai rencontré mon mari, avec qui je suis restée 41 ans.
Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?
Je dirais d’abord de toujours faire quelque chose que vous aimez, avec passion. Cela rend le travail tellement plus agréable. Il faut aussi savoir que rien n’est impossible ! Les échecs font partie du parcours. La résilience est très importante. Et surtout, il faut s’amuser. On passe tellement d’heures au travail, donc il faut faire quelque chose qui nous plaît et qui nous amuse.