Interview de Mohamad Abouchahine
Publié le 22/05/2026
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Libanais, ancien élève du lycée Abdel-Kader de Beyrouth et lauréat de la bourse France Excellence-Major, Mohamad Abouchahine raconte comment son parcours au sein du réseau AEFE l’a conduit de la prépa au lycée du Parc à Lyon jusqu’à Centrale Marseille, puis vers une thèse à l’INSA Lyon sur une thématique environnementale.
Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?
Tout d’abord, c’est le côté pluriculturel qui était vraiment essentiel. Aujourd’hui, Je parle français, arabe, anglais et un peu espagnol. Ça m'a beaucoup apporté sur le plan personnel et professionnel. Déjà, car mon lycée proposait beaucoup d'activités où je pouvais m'épanouir. Il y avait beaucoup de clubs au lycée. On avait typiquement un club de mémoire de la guerre civile libanaise, un club de médiation pour résoudre les conflits etc. Il y avait vraiment une ouverture citoyenne et associative que j'ai beaucoup apprécié dans mon lycée, qui m'a enseigné des valeurs qui me sont utiles et que j'emploie chaque jour dans mon parcours.
Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis à l'université ou en entreprise, ce serait lequel ?
Le lycée français m'a enseigné la rigueur scientifique et un certain type de raisonnement avec un enseignement à la prise d'initiative qu'on retrouve beaucoup dans les exercices scientifiques, utile pour progresser en classe préparatoire. En prépa, le rythme était soutenu mais je pense que les méthodes acquises au lycée m’ont vraiment aidées à acquérir une bonne marge de progression, même pour après, pour intégrer l'École centrale de Marseille. Et notamment aussi sur la culture littéraire, car en prépa scientifique, on avait beaucoup de cours de de français, de philosophie etc. Donc le lycée français m'a vraiment donné un bagage culturel que j'ai pu utiliser par la suite.
Une scolarité dans un lycée français peut ouvrir beaucoup de portes.
On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenu dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?
Je garde toujours de bons contacts avec mon lycée. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère dans mon lycée et je suis toujours en contact avec certains de mes professeurs, typiquement mon professeur de philosophie. Il avait fait une prépa littéraire au lycée Sainte-Marie à Lyon, à côté de celle que j’ai faite au lycée du Parc à Lyon. Donc il nous a un peu parlé de Lyon et aussi de la prépa en général. D’ailleurs, au Liban, on a la fête des professeurs, le 9 mars, c'est un moment pour saluer les professeurs et leur travail, cela m'arrive d'envoyer des messages à mes professeurs pendant cette célébration.
Aussi, avec le programme de parrainage de la bourse France Excellence-Major, j’essaie aujourd’hui d’aider les nouveaux boursiers à leur arrivée en France. Donc oui, je pense que le lycée français apporte un réseau relativement riche.
Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fier d'avoir étudié ici » ?
Une activité qui m'a marqué, c'est le club mémoire de la guerre civile du Liban qu’on a repris avec un groupe d’amis au lycée. Nous avions fait un discours à l’occasion du Jour de l’indépendance du Liban et lancé un blog avec des recueils de témoignages. Il y avait l’idée de perpétuer le devoir de mémoire, en sensibilisant à la monstruosité de la guerre, en apprenant à ne pas répéter les erreurs, même si actuellement, le contexte géopolitique mondial n'est pas très favorable à tout cela. En tout cas, c’est, je pense, le souvenir qui m'a le plus marqué au lycée. Après, j'ai beaucoup de souvenirs qui ont marqué mes années de terminale, typiquement, le jour de la remise des diplômes, c'était quelque chose !
Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?
Je dirais déjà qu’être dans un lycée français, c'est bénéficier d'une atmosphère multiculturelle et plurilingue. Également, la scolarité dans un lycée français va venir apporter une très grande ouverture associative à différents projets et notamment à l'échelle du lycée. On peut même, en tant qu’élève, être initiateur et créer notre propre club. Aussi, le lycée français peut aussi changer une vie. Durant tout mon parcours, de l’école à la terminale, à aucun moment je m'étais dit : « Je vais finir à Centrale Marseille ». Donc, une scolarité dans un lycée français peut ouvrir beaucoup de portes. Et il ne faut pas hésiter, il faut tenter sa chance car cela peut vraiment être une super expérience, qu’elle soit personnelle, éducative et professionnelle.