Interview d’Alvaro Anzoleaga Grandi


Publié le 24/06/2026

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Franco-bolivien, Alvaro Anzoleaga Grandi a suivi sa scolarité au lycée français de La Paz à partir de la petite section de maternelle. Passionné de mathématiques et de sciences, il a poursuivi un parcours en ingénierie à Sorbonne Université avant de réaliser une thèse et deux post-doctorats.

Portrait d'Alvaro Anzoleaga Grandi, ancien élève du lycée français de La Paz

Quels bénéfices vous a apporté cette éducation multiculturelle et comment vous a-t-elle aidé dans votre carrière ou votre vie quotidienne ?

Le fait d’avoir suivi ma scolarité dans un lycée français est sans aucun doute un atout dans ma vie. Avec le recul, je pense que cette situation m’a aidé à prendre conscience du privilège social dont je bénéficiais et de la chance que j’ai eue d’étudier dans ce lycée. J’ai reçu une éducation de très haut niveau dans tous les domaines, notamment en sciences.

Je parle couramment espagnol, français et anglais. L’espagnol est ma langue maternelle. J’ai appris le français et l’anglais au « Franco ». Regarder des séries et jouer à des jeux vidéo en anglais m’a également permis de progresser. À mon arrivée en France, l’anglais m’a aidé à me faire des amis, notamment des étrangers qui vivaient la même expérience que moi après avoir quitté leur pays d’origine et qui sont parfois plus ouverts à échanger. 

Si vous deviez choisir un projet ou une méthode de travail apprise au lycée qui vous a permis de surmonter vos plus grands défis à l'université ou en entreprise, ce serait lequel ?

Au lycée, si je me souviens bien, nous avons étudié la mécanique du point, notamment les lois du mouvement de Newton — l’exemple classique étant la pomme qui tombe de l’arbre. En terminale, je n’avais aucune idée de ce que le monde pouvait m’offrir. Je ne savais pas, par exemple, qu’on pouvait mettre en équation le vol d’un avion. Lorsque j’entendais parler de la filière mécanique, je pensais qu’elle était liée exclusivement au fonctionnement mécanique des choses, comme les voitures et les avions, et que ce serait très appliqué. En réalité, c’est très théorique, avec beaucoup d’équations et des mathématiques appliquées, ce que j’apprécie le plus ! Dans l’enseignement supérieur, mon expérience (comme étudiant mais aussi comme enseignant à l’université) m’a appris que le plus important est de développer une véritable rigueur de travail, afin de ne pas se retrouver à réviser ses examens la veille au soir.

J’ai reçu une éducation de très haut niveau dans tous les domaines, notamment en sciences

Alvaro Anzoleaga Grandi, ancien élève du lycée français de La Paz

On dit souvent que la communauté des lycées français est une grande famille. Comment ce réseau (amis, profs, anciens) vous a-t-il soutenu dans vos projets ou vos déplacements à l'étranger ?

En terminale, j’avais un très bon professeur de mathématiques qui était passé par une classe préparatoire scientifique à Grenoble, au lycée Champollion. J’ai décidé de le prendre comme modèle pour faire mes choix. Comme j’avais obtenu de bons résultats au baccalauréat, il m’a dit que je pouvais postuler à une classe préparatoire. Mon frère a aussi fait une prépa, donc je n’ai pas trop réfléchi et j’ai choisi de suivre la même voie.

Un conseil : s’installer en France, quand on a grandi dans un autre pays, peut parfois être compliqué. La manière de vivre, d’échanger avec les autres et le sens de l’humour sont très différents. S’adapter prend parfois du temps !

Quel est le souvenir le plus marquant ou l'activité extra-scolaire qui vous a fait dire : « Je suis fier d'avoir étudié ici » ?

J’étais membre du club de football de mon établissement. Nous organisions des championnats interclasses, c’était génial. Il existait aussi une rivalité saine entre notre lycée, le « Franco », et le lycée allemand, car ce sont deux pays disposant d’excellentes équipes dans la vraie vie ! Je me souviens également très bien du jour de la publication des résultats du baccalauréat. Tous les élèves étaient réunis pour l’annonce à voix haute des résultats. Étant donné que mon nom est au début de l’alphabet, j’étais parmi les premiers de la liste. Lorsque ma mention a été lue, mon professeur de mathématiques m’a pris dans ses bras et m’a félicité !

Si vous aviez face à vous des parents qui hésitent encore, quel message leur adresseriez-vous sur l'impact à long terme de ce cursus pour leur enfant ?

Ce que tu choisis à 17 ou 18 ans ne définit pas ton parcours pour l’avenir : tu as le temps de tenter plusieurs choses, jusqu’à trouver ce qui te plaît. Il ne faut pas avoir peur d’essayer. 
Au lycée, on nous pousse souvent à intégrer des filières sélectives, mais une classe préparatoire n’est pas nécessairement la meilleure option pour tout le monde.  Il existe d’autres très bonnes voies, et l’on peut parfaitement s’épanouir sans passer par une prépa. Il est également important de savoir que, pour intégrer une grande école, la prépa n’est pas le seul chemin possible.