Série Esquisse – Elles et ils font l’enseignement français à l’étranger : découvrez les portraits de la saison 2026
Mis à jour le 09/09/2026
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Entièrement pensée pour une diffusion sur les réseaux sociaux, la série « Esquisse » met en lumière les femmes et les hommes qui travaillent dans le réseau d’enseignement français à l’étranger et dans les services centraux de l’AEFE.
À travers leurs témoignages, les personnels interviewés partagent leur parcours et leur quotidien professionnels, leur vision du réseau et leurs sources d’inspiration, nourris par une volonté commune : contribuer à la qualité de l’enseignement français à l’étranger et à la réussite des élèves. Rendez-vous sur les canaux numériques de l’AEFE pour continuer de découvrir la diversité des métiers et des parcours des personnels des lycées français du monde et de l’Agence.
Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE
L'unité dans la diversité
Après son baccalauréat à Reims, Alexandre Morois intègre l’Institut d’études politiques de Paris, section service public. À sa « grande surprise », il est admis au concours de secrétaire adjoint des affaires étrangères. C’est dans ce ministère qu’il « attrape le virus » de la diplomatie tout en assouvissant son goût pour l’histoire, la géographie et la sociologie, très utiles pour comprendre les rapports entre États.
En 2000, Alexandre Morois est affecté pour la première fois à l’étranger auprès du ministère allemand des Affaires étrangères. Après Berlin, il rejoint Vienne en tant que conseiller politique, puis le Maroc, sur les mêmes fonctions. C’est au cours de ces deux expériences qu’il se familiarise avec le réseau de l’enseignement français à l’étranger. À Vienne, où le chancelier fédéral scolarisait sa fille au lycée français, il mesure l’importance du réseau dans la promotion de la culture française. Au Maroc, il comprend que l’accès à l’enseignement français porte des enjeux de mixité sociale : un choix structurant pour les parents, jamais fait par hasard.
Suivent plusieurs affectations majeures : au secrétariat général du ministère à Paris, à l’ambassade près le Saint-Siège et à Athènes durant la crise financière, où il contribue au pilotage de la réforme administrative grecque. De retour à Paris, il rejoint le secrétariat général du Gouvernement, puis est nommé à la direction des ressources humaines du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Il y conduit notamment la réforme de la haute fonction publique, avant de devenir directeur des affaires financières.
En juin 2026, Alexandre Morois rejoint l’AEFE en tant que directeur général. Sa mission consiste à piloter l’Agence en veillant à rester fidèle à la promesse initiale : « proposer une scolarité à la française, tout en s’adaptant aux nouvelles attentes des parents ». Sa boussole pour aborder cette nouvelle mission ? Développer une vision stratégique, entretenir un dialogue étroit avec tous les acteurs de l’enseignement français à l’étranger et porter une grande attention à l’exécution.
Depuis sa prise de fonction, son quotidien est rythmé par les entretiens avec ses (très nombreux) nouveaux interlocuteurs, car l’esprit de dialogue constituera sa boussole pour les années à venir.
Ce qui l’a le plus frappé depuis sa prise de fonction : le très fort attachement des personnels à l’AEFE, cet « esprit AEFE » que chacun porte et contribue à entretenir.
Pour lui, réseau rime avec « unité dans la diversité » : des acteurs de plus en plus variés, mais une unité de fond qui repose sur une innovation pédagogique et une qualité d’enseignement égales partout dans le monde.
Alexandre Morois considère que sa mission est avant tout de travailler pour les élèves, les parents et les personnels du monde entier. Il croit en une école qui forme des futurs adultes responsables, engagés et ouverts à l’altérité. Il souhaite que ce très beau projet, que l’Agence porte depuis sa création, reste pertinent auprès d’un public toujours renouvelé. Et il est attiré par tout ce qui se fait au niveau local, là où naissent chaque jour de nouvelles pratiques.
Un conseil reçu de l’un de ses premiers patrons l’accompagne à chaque nouveau poste : « N’oubliez pas que notre engagement est au service des autres : c’est à eux qu’il faut penser lorsque nous concevons des politiques ».
Jérôme Bousquet-Carton, chargé d’ingénierie de formation et du développement de l’usage du numérique éducatif à l’AEFE
Le voyage pédagogique d’un innovateur
Jérôme Bousquet-Carton est chargé d'ingénierie de formation et du développement de l'usage du numérique éducatif à l'AEFE. Passionné par la transmission et l'innovation, il place l'organisation, l'agilité et l'interaction au cœur de ses missions. Pour lui, « l'innovation n'a de sens que si elle impulse un changement au bénéfice des élèves ».
Le parcours de Jérôme Bousquet-Carton témoigne d'une ouverture constante sur le monde. Né en Bretagne, ayant grandi en Nouvelle-Calédonie, il débute sa carrière d’enseignant de SVT en Guadeloupe en 2000, avant de rejoindre le réseau d'enseignement français à l'étranger au Chili en 2008. Au lycée Saint-Exupéry de Santiago, une rencontre déterminante avec un inspecteur pédagogique fait naître sa vocation pour la formation. Il devient alors enseignant formateur en 2012, d'abord au lycée français de Saint-Domingue, puis au lycée français international Georges Pompidou à Dubaï entre 2017 et 2022.
Aux Émirats Arabes Unis, il traverse la crise Covid, période qui transforme profondément sa pratique : il accompagne les collègues dans la renormalisation de leur identité professionnelle, leur apporte un soutien tant pédagogique que socio-affectif. Il développe également une solide expertise en formation à distance. Il monte ainsi en compétences sur les plateformes d'e-learning et s’implique dans la construction de parcours de formation sur Magistère.
En 2022, il rejoint le bureau de la formation et de l'innovation de l'AEFE : « j’adore cet environnement collaboratif tourné vers l'expérimentation ». Depuis quelques mois, il suit un master 2 d'ingénierie de formation : il mène un projet de recherche sur la formation hybride qui s'appuie sur l'expérience des 304 formateurs de terrain du réseau d’enseignement français à l’étranger.
Avec ses collègues, ils ont utilisé des méthodes de design thinking pour concevoir leurs projets et développer la stratégie « e-nov » de déploiement de l’innovation et du numérique éducatif dans le réseau. Le label « e-nov », dispositif nouveau et inédit visant à valoriser les projets innovants dans les établissements, en est l’un des piliers opérationnels. « L'innovation consiste à faire du neuf dans son contexte et à impulser un changement au bénéfice des élèves », explique-t-il.
Pour lui, cela s’inscrit avec le nécessaire besoin de se réinventer pour les établissements : « le réseau doit s'adapter aux besoins des élèves et répondre aux enjeux pédagogiques de ce siècle pour continuer de rayonner. »
Unité, diversité et richesse, c’est ce qu’il retient du réseau, pour lequel il souhaite continuer de s’investir pleinement sur des missions de pilotage de la formation. Il se reconnaît dans cette citation de Socrate : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais citoyen du monde. » Son parcours est un voyage fait de rencontres, guidé par le plaisir du travail collaboratif, la confiance en l'humain et l'aspiration à un monde meilleur.