La stratégie e-nov : une ruche d’innovation pour l’école de demain


Mis à jour le 28/11/2025

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Chapo
En 2025, l’intelligence artificielle (IA) ne se contente plus de transformer nos outils : elle redessine nos façons de penser, d’apprendre et de douter. Dans ce contexte, comment l’école peut-elle former des esprits capables de naviguer avec lucidité dans un monde où les algorithmes influencent nos choix, nos savoirs et même nos opinions ?

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Avec la stratégie e-nov et les laboratoires d’innovation (alvéoles de La Ruche), le but est de faire de chaque Institut régional de formation un lieu d’expérimentation et d’innovation qui essaime les bonnes pratiques dans les lycées français. Celles-ci peuvent utiliser le numérique ou non, l’intelligence artificielle ou non. Butiner, transformer et essaimer sont les verbes qui régissent cette stratégie. Ainsi, chaque innovation est analysée, questionnée et enrichie pour ensuite la partager dans l’esprit des communs. C’est ce processus qui permet à chaque champ d’expérimentation d’être analysé comme objet d’étude, ce qui favorise et développe l’esprit critique.

L’IA à l’école : un défi, une opportunité

« L’intelligence artificielle est déjà là, dans les outils que nos élèves utilisent quotidiennement. Notre rôle n’est pas de l’ignorer, mais de leur donner les moyens de la comprendre et de la dominer », rappelle Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE. La stratégie e-nov déployée depuis 2024 et les plans de formation de l’AEFE ne se contentent pas de former des enseignants aux usages du numérique dans leur pratique professionnelle mais de former des enseignants qui permettent aux élèves d’acquérir les compétences du XXIe siècle :  la créativité, la pensée critique, la collaboration et la communication. En effet, la plupart des élèves exerceront un métier qui n’existe pas encore ou qui aura été profondément transformé. Ce sont donc ces compétences qu’il est nécessaire de faire acquérir et de développer chez les élèves.

Concrètement, cela signifie apprendre aux élèves à décortiquer les réponses d’un chatbot, à repérer les biais d’un algorithme, ou encore à créer leurs propres outils pour analyser l’information. « Il ne s’agit pas de former des techniciens, mais des citoyens éclairés, capables de questionner les technologies qui les entourent, plutôt que de les subir », insiste la directrice générale.

La ruche e-nov : apprendre en faisant

Pour transformer cette ambition en réalité, l’AEFE a structuré sa stratégie autour de trois piliers :

  1. Observer pour comprendre. Les observatoires e-nov ont pour but d’analyser les pratiques innovantes dans l’éducation. Leurs travaux alimentent des ressources pédagogiques en ligne. En ce qui concerne l’intelligence artificielle, des ressources aident à mieux comprendre le fonctionnement de l’IA afin de mieux l’utiliser et de façon plus responsable et raisonnée. Comprendre le fonctionnement des algorithmes, c’est comprendre les biais, les hallucinations, c’est apprendre à analyser toute production. C’est apprendre à utiliser l’IA de façon éco-responsable.
  2. Expérimenter pour maîtriser. Dans les laboratoires d’innovation, des enseignants peuvent expérimenter dans des salles innovantes qui suscitent la créativité.
  3. Partager pour s’enrichir. La Ressourcerie numérique permet de contribuer et de puiser dans une bibliothèque collaborative de Ressources éducatives libres. Ouverte pour l’instant aux seuls formateurs, on y trouve des tutoriels pour accompagner la prise en main d’outils d’IA dans chaque geste professionnel. La Ressourcerie doit permettre à chaque enseignant de pouvoir utiliser dans sa classe un projet en l’adaptant à son contexte. Ce qui se fait d’intéressant à Tokyo doit être facilement reproduit à San Francisco. Chaque scénario, chaque innovation, chaque projet doit être partagé dans ces communs numériques, c’est la force du réseau AEFE.

Le parcours de formation IA qui ouvre en janvier sur la plateforme Magistère permettra aux chefs d’établissement, aux formateurs et aux enseignants de comprendre et de savoir utiliser l’IA dans toute pratique professionnelle, au service des élèves. 

L’IA comme miroir de la pensée

Ce qui frappe dans ces initiatives, c’est la manière dont l’IA devient un prétexte pour penser autrement. « L’IA nous oblige à poser des questions fondamentales : qu’est-ce qu’une source fiable ? Comment se construit une opinion ? C’est une chance pour l’enseignement », estime Claudia Scherer-Effosse.

Chaque établissement, acteur du changement

Chaque lycée français du monde est invité à contribuer, selon ses moyens et ses partenariats.

  • Relever les défis : chaque établissement à travers le réseau des enseignants est invité à « Décrypter les biais de l’IA » ou « Créer un outil pour vérifier l’information ».
  • Alimenter La Ressourcerie numérique : en y déposant des scénarios pédagogiques, des outils d’analyse, ou des témoignages d’élèves.
  • S’ouvrir au territoire : en collaborant avec des universités, des médias ou des entreprises locales pour ancrer les projets dans le réel.

Une école en mouvement

En 2025, cultiver la pensée critique à l’ère de l’IA, c’est donner aux élèves les clés pour comprendre, évaluer et créer avec les outils numériques. Avec e-nov, l’AEFE et ses 612 établissements montrent que l’innovation pédagogique ne se résume pas à l’usage de la technologie, mais à la capacité à en faire un levier d’émancipation intellectuelle.

« L’école de demain ne sera pas celle qui utilise le plus d’IA, mais celle qui forme les esprits les plus libres et les plus critiques », résume Claudia Scherer-Effosse.

Article rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle.